Pour des raisons familiales ?

By Samounet [CC BY-SA 4.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)], via Wikimedia Commons
Source: Wikimedia Commons
Pierre Karl Péladeau est un grand homme québécois. Je respecte énormément son œuvre entrepreneurial. À partir d’une relève familiale, il a su créer un véritable empire médiatique par acquisition. Homme impliqué, il a notamment siégé à la présidence d’Hydro-Québec et de la Fondation de l’entrepreneurship. Son passage à la politique me laisse toutefois un gout amer mis à part, qu’enfin un entrepreneur n’avait pas peur d’étaler au grand jour ses convictions. Il l’aura fait, en véritable coup de vent.

D’abord, une entrée fracassante avec son poing en l’air qui, disons-le, montrait sa carence en charisme. Ensuite, une course à la direction aigre-douce pimentée par la question éthique vis-à-vis son statut d’actionnaire en contrôle de Québecor. Finalement, une sortie bouleversante où la raison donnée est questionnable.

Parce que je ne crois pas au hasard, il y a possiblement un lien à faire avec le cri du cœur de Julie Snyder à TLMEP et le départ de celui dont certains espéraient qu’il soit le messie de l’indépendance. Effectivement, quand on voit Julie Snyder perdre du terrain à TVA en même temps que sa séparation avec l’ex-patron, on a droit de penser qu’il y a un signal qui vient d’un haut dirigeant. Si tel est le cas, voilà des arguments pour les détracteurs de PKP. Et s’il pouvait tasser son ex du petit écran dont il est propriétaire? Si tel est le cas, que peut-il manigancer pour passer son message politique à travers la convergence? Ceci n’est que ma propre hypothèse…aucune preuve. Seulement, si je me pose cette question, il est clair que les stratèges politiques ennemis y ont pensé aussi. La question éthique serait certainement venue tourmenter à nouveau PKP lors des prochains mois, voire, lors de la prochaine campagne électorale. Son tempérament, jumelé à son désir de conserver Québecor entre ses mains auraient, tantôt, fait des torts insurmontables pour lui et pour les bateaux dont il aurait dirigé et/ou aurait été propriétaire (Le PQ et Québecor). Il quitte donc avant qu’il ne soit trop tard. Aussi, en homme expérimenté et averti, il devait connaitre l’exigence de la politique.

Maintenant qu’il est parti, en cassant quelques branches au passage, je ne crois pas qu’il faut laisser passer la question éthique sans y répondre. Il faut s’assurer que le tout ne se reproduise plus. Autant un vent de face (PKP et Québecor) qu’un vent de côté (Desmarais et Gesca). Envoyons un message clair : au Québec, c’est les médias ou la politique! Les gens ont droit de construire leurs opinions sans qu’on leur souffle la réponse. Il est primordial qu’un média et un politicien soient dans deux canaux bien distincts de manière à garder nos journalistes en pensée libre. Si ce n’est pas le cas, dites-le d’emblée!

Avec le départ de PKP, on peut aussi se poser des questions quant à la difficulté de faire de la politique dans le monde d’aujourd’hui. Tout le monde a droit à son opinion, même moi via ce blogue. Avec les médias sociaux, tous s’expriment et avouons que ce n’est pas toujours joli. Régis Labeaume mentionnait que l’annonce de PKP « le remet dans ses choix » de faire de la politique.

Parfois, on se demande même si les politiciens devraient gagner davantage pour « ces choix ». Aussi, s’ils gagnaient davantage, aurions-nous plus de candidats de qualité? La politique est-elle devenue si sale qu’elle mérite d’être mieux rémunérée, qu’elle ne séduit plus des étoiles sociales qui pourraient changer le monde?

En même temps, ce ne serait pas génial de rémunérer quelqu’un qui te demande toujours de faire mieux avec moins. Quelqu’un qui représente l’appareil gouvernemental avant de te représenter ou, encore pire, quelqu’un qui devient le Premier ministre sans parfois même avoir la majorité! Après tout, le cynisme que l’on a face à la politique, nous ne l’avons pas inventé!

La politique devrait être faite par vocation, par conviction, non par opportuniste. Un bon politicien averti aura mesuré tous les éléments, positifs et négatifs, avant de se lancer dans l’arène. Il y sera par besoin d’aider son prochain, de faire bouger les choses. Il se sera lancé de manière honnête, au mieux de lui-même, sans rien laisser pour compte. Il ne le fera pas pour un meilleur salaire, bien au contraire, mais au même titre qu’un médecin, un infirmier, un enseignant…ou un entrepreneur, par vocation. Ainsi, nous n’aurions peut-être pas autant de cynisme.


2 réflexions sur “Pour des raisons familiales ?

  1. Je suis bien d’accord avec vous…La famille a le dos large. Monsieur Stéphane Bédard a aussi donné cette raison lors de sa démission dernièrement mais il se cache sûrement autre chose. De cette façon on évite la confrontation et, de plus, on attire la compassion du public. On est bien sensible à ce que les papas s’occupent de leurs petits enfants….Alors, cher politicien d’estrade, pour le moment n’oubliez pas votre belle famille avant de devenir un politicien qui devra un jour quitter pour s’occuper de ses enfants !!!

    Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s