Uber : plus qu’une course de taxi!

Taxi vs UberD’emblée, je dois vous avouer que je suis réfractaire au changement. En fait, je prétends souvent être né à la mauvaise époque. Aussi, je suis un grand nostalgique! Je ne suis pas un fan de la technologie. Cependant, je suis conscient que celle-ci est porteuse et que, comme dirait mon père, nous ne pouvons pas arrêter le progrès. Je m’y fais donc, parfois une heure en retard dans les maritimes, mais je finis par m’y adapter.

J’ai utilisé à maintes reprises les services d’un taxi dans ma jeunesse. Parce qu’à Chicoutimi, on dirait que tout est loin! Que d’histoires ont été vécues et racontées dans ces taxis! Des émotions, parfois loufoques, parfois tristes. Souvent éméché, je ne me souviens plus de tout! Je salue mes chauffeurs préférés : Pierre Tremblay, grand poète – il a écrit un recueil « Poésie perdue dans l’espace » par le pseudonyme Cœur de Pierre – avec qui j’ai traité de la mort, du racisme et de la maladie parfois en humour, parfois en tristesse. Il y a aussi notre ami affectueusement appelé Coco Richard. Avoue que tu ne t’étais pas douté que deux de mes amis étaient entrés dans la valise pendant que l’on prenait place sur la banquette. Jusqu’à ce que l’un d’eux crie! Ha! Ha! Ha!

Toujours est-il que cette industrie est appelée au changement. Changement qui atteindra tous les coins du Québec sous peu. Mais pourquoi diantre tout ce tabac à propos d’un changement proposé par une plate-forme tel qu’Uber? Quel malaise!

Le combat que mènent l’industrie du taxi et le gouvernement du Québec contre Uber est sur deux fronts. Pour l’un, le maintien des emplois des chauffeurs et des licences de taxis, chèrement acquises, est primordial. Pour l’autre, la perception des taxes en est son réel combat.

Pour ma part, le dernier est plus important que le premier. Parce qu’on ne peut pas arrêter le progrès! Mon ami a fondé une entreprise de graphisme numérique à la fin des années 80. À l’époque, il était le premier à faire passer ses concepts directement d’un Mac à l’impression sans aucune étape de prépresse. Les imprimeurs lui mentionnaient alors qu’il était fou, qu’il perdait son temps et que l’industrie du graphisme ne changerait pas. Vous connaissez la suite? Vous connaissez un gars qui prépare des documents à la main avant d’imprimer aujourd’hui? Ma conjointe rêvait d’être enseignante pour écrire sur un immense tableau vert. Étant à l’emploi d’une école depuis quelques années déjà, elle n’a jamais touché à un tableau vert ce dernier étant remplacé par le tableau interactif. D’un Mac à l’impression en passant par l’enseignement, tous secteurs confondus font face à des changements au détriment des longues études, des investissements et des emplois. Le gouvernement doit-il intervenir dans chaque industrie au moindre petit changement? L’entrepreneur qui a investi dans le prépresse (ou dans les tableaux verts) s’est-il fait représenter par le gouvernement contre la technologie? C’est ridicule!

Seul le plus vieux métier du monde, la prostitution, ne semble pas vouloir changer bien que le gouvernement conservateur de Stephan Harper a tenté de le légiférer avec la loi C-36!

Le changement permet souvent l’éveil. Bravo à l’initiative de l’entrepreneur Alexandre Taillefer avec Téo Taxi. Maintenant, nous ne devrions pas protéger une industrie pour sauver des permis archaïques détenus par des monopoles. Devrions-nous le faire pour protéger des emplois? Non, si nous n’avons pas pris le temps de le faire pour les autres secteurs. Trouvons plutôt les solutions aux problèmes de l’uberisation des services. Parce qu’Uber proprement dit n’est pas le dernier. Demeurons innovants dans nos entreprises pour s’assurer de demeurer prisé malgré la venue de la concurrence. Trouvons le moyen de percevoir des taxes à ces entreprises concurrentes qui ont le droit, au fond, d’offrir leurs services à notre société. Assoyons-nous avec eux pour connaitre leur modèle d’affaires et voir comment nous pourrions en bénéficier. Éduquons les chauffeurs et les utilisateurs qu’il est important de s’enrichir collectivement et non individuellement.

En terminant, ce qui m’inquiète le plus dans ce dossier est le motif des chauffeurs d’Uber qui, tel que le patron de l’entreprise californienne au Québec le mentionne, le font principalement pour arrondir les fins de mois. Sommes-nous devenus si pauvres pour être obligés d’avoir deux emplois? Sommes-nous si à crédit? Sommes-nous si dépendants de la consommation? Si tel est le cas, voilà sur quoi devrait porter le débat!


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