Une démocratie biaisée par les sondages

bureau de voteUne discussion politique avec des amis ce week-end m’a inspiré ce papier. À savoir pour qui ils voteraient lors de leur passage aux urnes le 1er octobre prochain, l’un d’eux me mentionna ne pas être encore en mesure d’y répondre. L’autre confirma sans équivoque qu’il votera pour la Coalition Avenir Québec (CAQ). C’est ici que le tout devient intéressant; quand je lui demande pourquoi votera-t-il pour ce parti, sans arrière-pensée, il me mentionne que c’est pour contrer les libéraux.

Sommes-nous si exaspérés du règne de Philippe Couillard à ce point de bafouer notre droit de vote et nos convictions? Parce que cette même personne me mentionne « qu’avoir le choix », elle voterait pour le Parti Québécois (PQ)!

Plusieurs questions me viennent à l’instant en tête : comment c’est d’être premier dans les sondages non pas pour nos idées, mais en raison des idées des autres? Que dirait ma conjointe si je lui disais : « je sors avec toi parce que tu es la moins pire »? Enfin, le véritable ennemi du PQ n’est-il pas le vote stratégique?

Toujours est-il que les sondages, l’un après l’autre, jour après jour voire heure après heure, sont malsains pour la démocratie. Car les gens, dorénavant, votent au gré des sondages. Parfois pour suivre la masse, parfois pour contrer l’un.

À qui la responsabilité? Évidemment, la première responsabilité qui me vient en tête revient à ceux qui commandent les sondages. Les médias, pour manipuler l’opinion publique et les partis qui sont conscients que les sondages leur sont bénéfiques. L’exemple de la CAQ est fascinant. Dans la conjoncture actuelle, peu importe les sondages, ceux-ci leur servent à merveille. Quand ce parti est premier dans l’un, une dose de confiance traverse les militants bleu poudre. Quand ils sont chauffés par les libéraux dans l’autre, les électeurs souhaitent alors se mobiliser pour contrer la réélection des rouges.

Par contre, avec du recul, je suis forcé d’admettre que les médias et les partis comme la CAQ ne font que leur travail. Donc, la responsabilité de cette démocratie biaisée par les sondages revient sans contredit aux électeurs qui ne prennent plus le temps de voter par conviction mais par stratégie. Ce serait pourtant si simple de faire honneur à ce droit civique fondamental qu’est celui de voter.

À commencer par lire les programmes des principaux partis et se faire ces propres idées. Cette démarche, bien qu’elle peut paraître lourde pour certains, est pour moi plus importante qu’avoir la majorité une fois les élections venues. Je verrais bien ça, arriver au bureau de vote avec, comme première étape, un résumé du programme de chaque parti à lire. Ça peut sembler long à faire, mais, après tout, ne donnons-nous pas 4 heures consécutives pour aller voter aux employés le jour du scrutin? Ne serait-il pas moins ardu de lire un résumé que d’entendre les chefs dépeindre les idées de leurs adversaires plutôt que de nous présenter les leurs avec autant d’enthousiasme? Qui plus est, pendant des semaines de campagne électorale? Ainsi, à la deuxième étape, l’électeur serait invité à passer derrière l’isoloir.

En attendant d’obliger à lire les programmes, il faut rappeler aux électeurs que nous devons voter pour nos valeurs d’abord et avant tout. Parce que bon an mal an, la politique influence nos vies au quotidien. Parce qu’à l’heure actuelle à travers le monde, plusieurs peuples n’ont pas le droit de vote. Encore faudra-t-il que nous prenions ça au sérieux un jour.


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